Samedi 25 Mai 2013

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WE Pic de l'Etendard

      Dénivelé : 500 + 1300m      Très Bon Skieur


Philippe Feautrier et Dominique Daudon


Carte IGN
Carte Google
Départ au col de la Croix de Fer Vers 3100 m. Montée dans les brumes et jeux de lumière Trace de montée 200 m sous le sommet

Il fallait pas mal de motivation ce samedi matin alors qu’il tombait une pluie glaciale, et ce n’était pas les conversations de Dominique avec le gardien du refuge qui nous rassuraient. .. Après quelques hésitations, on décide quand même de maintenir la sortie, je nous donne alors 50% de chance d’arriver au sommet le lendemain vu les incertitudes sur la météo et la nivologie. Heureusement quand on se retrouve sur le parking à Crolles, il ne pleut plus. On monte au col de la Croix de Fer en passant par la Maurienne. On décide de passer la barrière qui barre la route aux 3/4 à Saint Sorlin, c’est donc sur une route interdite que nous roulons et nous nous garons dans la neige au col. Pour monter au refuge, on suit la trace du gardien et on arrive sans histoire vers 19h au refuge avec un peu de neige et un temps frais pour la saison.

Le lendemain, départ à 6h30 avec un plafond de nuages gris. Ou sont les éclaircies prévues dans la journée ? On monte en passant au beau milieu des 2 lacs, ca passe sans problème avec la glace et l’épaisseur de neige ce jour. On laisse le dôme de la Cochette dans la brume sur la droite. Quand on attaque le glacier, la visibilité est par moment mauvaise. Les groupes qui nous accompagnent préfèrent nous laisser l’initiative de la trace et de l’itinéraire. Un peu d’orientation est nécessaire pour ne pas se tromper, mais la technologie moderne des GPS nous aide formidablement. La trace est exténuante, de plus en plus au fur et à mesure qu’on monte. Heureusement, on sera finalement une petite dizaine à se relayer. Vers 3200 m, la combe devient plus raide et plus chargée. Je demande à tout le monde de s’espacer. Mais finalement, on monte dans 40 cm de poudreuse relativement dense et qui n’a pas vu de vent et cela nous rassure. En montant, la couche de neige fraiche à tendance à diminuer et on continue l’ascension sous le franc soleil : vers 3250 m, on sort de la mer de nuages ! Génial. Immédiatement, je pense à la suite et je sais qu’une pente raide avec étroiture défend le sommet cette année. On voit où est le passage mais je me dis que ça va se compliquer. En effet, 50 m sous le sommet, la pente se redresse et une belle corniche par endroit gigantesque défend l’arrête sommitale. Il y a heureusement une faiblesse sur la gauche du sommet. On laisse alors les skis et on chausse les crampons pour passer cette corniche, sur le haut assez raide. Les derniers mètres sous le sommet sont la récompense de tous ces efforts, la montée est alors féérique, le paysage est splendide et le sommet a un petit air d’Annapurna. Il fait beau mais je ne traine pas au sommet et je décide d’aller poser une corde d’assurance sur corps mort pour redescendre la corniche. Je prends Frédéric avec moi pour m’aider et on installe un superbe corps mort avec son piolet, comme dans les livres, qui permet au groupe de descendre sereinement.

Ensuite, c’est une neige de très bonne qualité qui nous attend avec de beaux virages dans 40 à 50 cm de poudre! C’est complètement irréel pour un 26 Mai. 2013 est décidément l’année de la poudre, et à chaque sortie je me dis que c’est la dernière poudre de l’année, mais non… Vers 3100 m on retrouve nos brumes par moment, puis ça se déchire à nouveau et on termine la descente avec une bonne visibilité. La fin de la descente est moins intéressante, on négocie les plats des lacs plutôt rive droite. On est obligé de repeauter 100 m pour remonter au-dessus du refuge. On rejoint le col et les voitures à 15h, super content de cette sortie très réussie avec un groupe sympa et homogène.

Philippe

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